Comment le wingfoil peut compléter le surf et le kitesurf : guide pour bien débuter

Comment le wingfoil peut compléter le surf et le kitesurf : guide pour bien débuter
Comment le wingfoil peut compléter le surf et le kitesurf : guide pour bien débuter

Depuis quelques années, je vois le wingfoil s’imposer sur les spots de surf et de kitesurf, au point de devenir un véritable troisième pilier des sports de glisse. Là où je ne voyais que des planches et des ailes de kite, j’observe désormais des riders qui volent littéralement au-dessus de l’eau avec une aisance déconcertante. Si vous pratiquez déjà le surf ou le kitesurf, le wingfoil peut parfaitement compléter votre pratique, élargir votre plage de conditions ridables et renouveler votre plaisir sur l’eau.

Pourquoi le wingfoil complète si bien le surf et le kitesurf

Le wingfoil n’est pas juste une mode. C’est un support qui ouvre des possibilités que ni le surf ni le kitesurf ne permettent totalement. Quand je compare mes sessions, je vois trois logiques de glisse différentes, mais très complémentaires.

En surf, je dépends des vagues et de leur qualité. En kitesurf, je dépends surtout du vent et de l’orientation du spot. Avec le wingfoil, je combine les deux : je peux exploiter un vent léger et des houles moyennes, voire des plans d’eau presque plats, tout en retrouvant des sensations proches du surf quand je surfe la houle uniquement porté par le foil.

Concrètement, le wingfoil complète le surf et le kitesurf sur plusieurs aspects clés :

  • Plage de vent plus large : là où je laisserais mon kite au sec dans 10–12 nœuds irréguliers, je peux souvent partir en wingfoil, surtout avec une planche au bon volume.
  • Plus de liberté de mouvement : pas de lignes, pas de barre, juste une aile en main. Sur les spots encombrés, cette liberté est très appréciable.
  • Sensation de vol unique : une fois perché sur le foil, le contact avec les clapots disparaît. La glisse devient ultra fluide, très addictive.
  • Accessibilité logistique : le matériel de wingfoil se transporte facilement. Je pars souvent avec une seule board, un foil démonté et deux ailes, ce qui simplifie les voyages.

Pour un surfeur, le wingfoil permet de transformer une journée de petites vagues en session ludique. Pour un kitesurfeur, il devient une solution idéale les jours de vent irrégulier ou de plan d’eau encombré où les lignes de kite deviennent un handicap.

Surf, kitesurf et wingfoil : comparer les sensations de glisse

Quand j’analyse les sensations, je vois le wingfoil comme un pont entre surf et kite. Le surf reste pour moi la référence en termes de lecture de vague et de placement. Le kitesurf offre de la puissance, de la vitesse, des sauts. Le wingfoil pioche dans les deux univers.

En wingfoil dans les vagues, je retrouve des réflexes de surf : regarder loin, anticiper le creux, jouer avec les sections. Sauf qu’une fois que le foil vole, la façon de pomper et de gérer la portance est très différente. On ne carve plus seulement sur la face de vague, on exploite tout le volume sous la surface.

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Par rapport au kitesurf, j’apprécie en wingfoil :

  • Une sensation de légèreté, sans traction verticale excessive comme en kite dans le vent fort.
  • Des transitions plus douces, sans risque de lignes qui se croisent ni de relance de kite mal assurée.
  • La possibilité de naviguer plus près du bord sans stress pour les baigneurs ou les autres riders.

Sur un même spot, je constate souvent que les wingfoilers partent avant les kitesurfeurs, restent à l’eau plus longtemps dans le vent faiblissant, et parviennent à exploiter des vagues que les surfeurs jugent trop molles. C’est précisément cette extension des possibilités qui rend le wingfoil si intéressant en complément des autres sports de glisse.

Les avantages du wingfoil pour les surfeurs

Si vous venez du surf, vous avez déjà un gros avantage : vous connaissez la mer, les courants, les règles de priorité sur les vagues, et vous avez l’habitude de ramer, de nager, de gérer le froid. Le wingfoil demande d’ajouter une dimension : le vent.

Les surfeurs qui se mettent au wingfoil me disent souvent deux choses :

  • Ils apprécient la possibilité de surfer la houle sans avoir besoin d’une vague qui casse.
  • Ils découvrent une manière différente de lire le plan d’eau, en prenant en compte le vent en plus de la houle.

En tant que surfeur, vous allez retrouver des sensations familières : se placer par rapport à une vague, choisir la bonne trajectoire, anticiper les sections. Le wingfoil vous permettra de :

  • Élargir vos journées « ridables » : vent léger + petite houle deviennent exploitables.
  • Explorer des spots moins fréquentés, parfois trop exposés au vent pour le surf classique.
  • Travailler votre équilibre et votre lecture de la mer, ce qui se répercute positivement sur votre surf.

Sur des destinations comme le Portugal (Peniche, Guincho), le Pays basque, la Bretagne ou les Canaries, je constate que de plus en plus de surfeurs ajoutent un quiver wingfoil pour ne plus rester à terre les jours de vent side-on et de petites vagues.

Les atouts du wingfoil pour les kitesurfeurs

Pour un kitesurfeur, le wingfoil représente une progression assez naturelle. Vous avez déjà les réflexes liés au vent, à la fenêtre de vol, aux zones de puissance. L’apprentissage est donc plus rapide sur la partie aile, même si le foil impose une vraie remise en question technique.

Quand je discute avec des pratiquants de kitesurf qui passent au wingfoil, plusieurs avantages reviennent régulièrement :

  • Moins de contraintes de sécurité : pas de lignes, donc beaucoup moins de risques d’emmêlement ou d’accrochage sur la plage.
  • Navigation sur des spots exigus : petites criques, lacs, zones avec peu d’espace de décollage deviennent exploitables.
  • Plus de tolérance dans le vent irrégulier : une baisse de vent se gère plus facilement en pompant le foil.
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Dans des destinations ventées comme la Sardaigne, la Grèce, le Maroc (Essaouira, Dakhla) ou les lagons de la Guadeloupe, je vois de nombreux kitesurfeurs diversifier leurs sessions grâce au wingfoil, notamment sur les plans d’eau clapoteux ou surchargés en ailes de kite.

Quel matériel de wingfoil choisir quand on vient du surf ou du kitesurf

Le choix du matériel est décisif pour bien débuter en wingfoil. En tant que pratiquant de surf ou de kitesurf, vous aurez tendance à vouloir sous-dimensionner, par habitude des petits volumes ou des ailes de kite performantes. C’est souvent une erreur au départ.

Je recommande de privilégier un ensemble tolérant et évolutif :

  • Planche de wingfoil :
    • Pour un débutant venant du surf : viser une planche avec un volume d’environ 20 à 30 litres au-dessus de votre poids (par exemple 90–110 L pour un gabarit de 75–80 kg).
    • Pour un kitesurfeur déjà à l’aise en foil : vous pouvez vous permettre un volume légèrement inférieur, mais gardez de la flottabilité au départ.
  • Foil (aile avant + mat) :
    • Une aile avant généreuse (entre 1500 et 2000 cm²) est idéale pour faciliter le décollage et la stabilité.
    • Un mât de 75 à 85 cm permet de gérer le vol sans être trop technique.
  • Wing (aile de wingfoil) :
    • Entre 4 m² et 5 m² pour un adulte moyen, selon votre spot et votre poids.
    • Privilégiez une aile stable, avec des poignées rigides bien positionnées, pour un meilleur contrôle.

Si votre objectif est de compléter votre quiver de surf ou de kite, je vous conseille de penser en termes de plage de vent. Le wingfoil sera votre arme pour les conditions marginales : vent léger à modéré, houle irrégulière, plan d’eau moyen. Adaptez votre taille d’aile de wing en conséquence.

Les meilleures conditions et spots pour débuter le wingfoil

Je considère que les premières sessions de wingfoil doivent être pensées comme un investissement. Il vaut mieux attendre un bon créneau que de se décourager dans des conditions trop techniques. Idéalement, vous recherchez :

  • Un vent régulier entre 12 et 18 nœuds.
  • Un plan d’eau relativement plat ou légèrement clapoteux.
  • Un spot dégagé, sans rochers ni obstacles au vent.
  • De la profondeur suffisante pour le foil (éviter les bancs de sable peu profonds).

En France, je trouve que des spots comme les grandes baies de Bretagne sud, la Méditerranée en début de matinée ou de fin de journée, ou certains lacs alpins (Serre-Ponçon, Annecy, Bourget) peuvent être parfaits pour commencer. À l’étranger, des lagons comme ceux de Fuerteventura, de Tarifa dans ses jours modérés, ou les côtes abritées du Portugal offrent des terrains de jeu très adaptés.

Si vous êtes surfeur, acceptez de débuter sur un plan d’eau sans vague, juste pour maîtriser l’aile et le vol du foil. Si vous êtes kitesurfeur, ne prenez pas trop vite confiance : la gestion du foil demande une nouvelle finesse de pilotage, même si la fenêtre de vent vous est familière.

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Comment progresser rapidement en wingfoil quand on vient du surf ou du kite

Avec une expérience en surf ou en kitesurf, vous avez une base solide, mais il faut accepter d’apprendre un nouveau langage de glisse. Pour accélérer la progression, j’applique et je recommande plusieurs étapes clés :

  • Dissocier les apprentissages :
    • Travailler d’abord la gestion de l’aile à pied, sur la plage, en statique.
    • Puis naviguer en mode « non-volant » : rester en contact avec l’eau, se familiariser avec les appuis.
  • Accepter de naviguer toilé (mais pas trop) :
    • Au début, un peu de puissance aide à décoller.
    • Progressivement, réduire la taille de la wing pour gagner en maniabilité.
  • Travailler le pumping :
    • Apprendre à pomper l’aile et la planche de manière coordonnée.
    • Utiliser votre expérience de surf ou de kite pour sentir le bon timing avec la houle.
  • Filmer vos sessions :
    • L’analyse vidéo met rapidement en évidence les erreurs de posture ou de hauteur de foil.

Je remarque que les kitesurfeurs ont souvent tendance à trop se pencher vers l’arrière, comme en twin-tip ou en foil de kite, alors que le wingfoil demande une position plus centrée. Les surfeurs, eux, gagnent à mieux exploiter le vent et à ne pas se focaliser uniquement sur la vague.

Adapter ses voyages et ses destinations à un quiver surf, kitesurf et wingfoil

Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est la manière dont le wingfoil change ma façon de penser un voyage glisse. Avant, je choisissais surtout entre une destination surf ou kite. Aujourd’hui, j’essaie de privilégier des spots polyvalents où je peux pratiquer les trois d’une même base.

Quelques exemples de destinations où le combo surf, kitesurf et wingfoil fonctionne très bien :

  • Portugal (région de Lisbonne, Algarve) :
    • Surf sur les swells atlantiques.
    • Kitesurf dans les estuaires ventés.
    • Wingfoil dans les baies abritées les jours de vent irrégulier.
  • Canaries (Fuerteventura, Lanzarote) :
    • Reefs pour le surf.
    • Thermiques réguliers pour le kite.
    • Lagons et baies parfaitement adaptés au wingfoil.
  • Maroc (Essaouira, Dakhla) :
    • Longues droites surfables.
    • Vent soutenu pour le kitesurf.
    • Zones plus abritées idéales pour le wingfoil, notamment à marée haute.

En pratique, emporter un quiver de wingfoil avec son surf ou son kite permet d’optimiser un séjour : moins de jours off, plus de variété et une adaptabilité précieuse face aux caprices de la météo locale.

À mes yeux, c’est là que le wingfoil trouve pleinement sa place : non pas en concurrence avec le surf ou le kitesurf, mais comme un complément naturel qui enrichit l’expérience globale de glisse et donne envie de passer encore plus de temps sur l’eau, quelles que soient les conditions.